Une voie psychanalytique
Notre voie d'accompagnement se définit comme psychanalyse parce qu'elle repose fondamentalement sur l'analyse de la vie symbolique de l'inconscient qui se manifeste à travers les symboles des rêves et l'expérience de la dimension symbolique de l'existence (que nous rencontrons par exemple au travers des synchronicités et qui s'extériorise consciemment dans les expériences de constellation : voir sur ce thème plus loin).
Nous n'entendons pas "analyse" dans son sens classique comme un processus intellectuel de prise de conscience, mais dans un sens inspiré de son étymologie venant des mots grec "ana", donnant l'idée de recommencement (ce sens du mot "ana" se rencontre plus particulièrement dans le grec des évangiles), et "luein", délier : le recommencement du déliement. Il s'agit de trouver dans la confrontation avec la vie symbolique de l'inconscient une voie expérimentale de "recommencement" de notre "déliement", c'est-à-dire de notre naissance. Nous ne sommes pas encore en effet totalement nés à nous-mêmes lors de notre "première naissance", et sur la lancée de celle-ci, notre expérience de la vie n'est pas encore notre vraie vie personnelle et différenciée, contrairement à ce que nous croyons : nous restons encore par trop "liés", inconsciemment déterminés, par l'histoire et les représentations dominantes de notre milieu familial et culturel. Notamment, nous ne sommes pas encore véritablement nés tant que (sans le savoir la plupart du temps) nous ne faisons que répéter dans notre vie les expériences tragiques des générations passées. Nous entendons dés lors notre psychanalyse comme la voie d'une relation initiatique à l'inconscient qui vise à "naître de nouveau", à refonder notre naissance, de manière réellement individuée, et qui vient interpeller en ce sens tous les domaines (spirituel, intellectuel sentimental, sexuel, social, etc.) de l'existence du sujet. La psychanalyse symbolique recueille ainsi au XXI° siècle, dans un contexte de laïcité et d'exigence scientifique, l'héritage spirituel des traditions mystiques du passé qui appelaient à la nécessité d'une expérience initiatique de "seconde naissance" à l'instar de la tradition chrétienne ou des traditions orientales.
Une voie jungienne
Sur cette voie, la psychanalyse symbolique se définit comme jungienne parce que CG Jung a pensé de manière pertinente une psychanalyse des profondeurs. Il a notamment découvert de manière très expérimentale au cœur de l'inconscient la réalité spirituelle d'un processus naturel qui recherche la transmutation harmonieuse de la vie, et qui vient transcender de manière incessante le point de vue limité et figé du moi. Cette découverte est malheureusement encore largement ignorée par les théories de la psyché les plus en vogue qui demeurent centrées exclusivement sur le moi et qui ne connaissent que les aspects destructeurs et disfonctionnant de l'inconscient. Ces aspects existent bien sur, mais existe aussi au centre de l'inconscient un recours positif qui œuvre de l'intérieur de nous-mêmes à les réparer et à nous guérir du tragique. Jung a pensé cette réalité intérieure positive qu'il a découverte sous le concept du Soi. Celui-ci est le travail du divin, du transcendant, du numineux, au sein de l'humain. Il est l'Un vivant présent au cœur de l'inconscient collectif de l'humanité, traversant de l'intérieur tous les êtres, mais se manifestant cependant d'une manière personnelle et singulière à chacun. Il est le centre de la psyché humaine, et il veut réaliser celle-ci comme un mandala vivant, une union harmonieuse des contraires qui la constituent (comme le masculin et le féminin, la raison et l'instinct etc.) :
"[Le motif de base des mandalas] est la prémonition d’un centre de la personnalité, une sorte de point central au sein de la psyché auquel tout se relie, par lequel tout se dispose et qui est lui-même source d’énergie. L’énergie du point central se manifeste dans la pulsion et le besoin quasiment irrésistible de devenir ce que l’on est, tout comme chaque organisme est poussé à prendre la forme caractérisant sa nature, quelles que soient les circonstances. Ce centre n’est pas senti ou pensé comme le moi, mais si l’on peut dire comme le Soi". (Jung)
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